Rendez-vous à Marseille (stand R23)

Rendez-vous à Marseille (stand R23)
AVEC ANIMALSASIA

Danser sur les charniers (Jean Yves Boitard)

Danser sur les charniers
Finalement, qui sont ces “animalistes” ?
Pourquoi un jour ont ils donc porté un regard différent sur l'animal, au point de vouloir, dans certains cas, y consacrer leur vie.
Cette cause, cette lutte ne leur apporte rien à titre personnel.
Je veux dire par là qu'ils ne militent pas pour eux mêmes, ils ne militent pas pour plus de droits pour leur retraite, leur salaire, ils ne militent pas pour une meilleure vie pour eux et leurs semblables.
En fait, derrière cette étiquette, se trouvent des personnes fort différentes. Des penseurs, des philosophes, des activistes, des révoltés et des sages, des gens simples et des intellectuels, des gens de toute confession ou athées, de tout bord politique. Mais ces personnes ont toutes un point en commun.
Un jour – parfois depuis l'enfance pour certains - leur regard a croisé un autre regard, celui d'un animal apeuré .
Et ce moment là a été déterminant dans leur chemin de vie. Pour beaucoup, cela leur a rappelé une fêlure, ancestrale, profonde. Leur fêlure. Une communion est née.
Face aux turpitudes et à l'horreur du monde, que personne n'ignore vraiment en réalité, deux options s'offrent à nous :
- Rester égocentré, se dépatouiller pour s'en sortir au mieux pour soi même, en bricolant un toit au dessus de sa tête, en ouvrant un compte épargne, en assurant ses arrières. Fuir le réel, élargir peut-être un peu son cercle empathique mais de façon restreinte, vers les plus proches, sa famille, celle dont on est issue, celle que l'on a créée, ses amis ... Alors, on peut aller rire et danser, peu importe si à quelques centaines de mètres, l'holocauste est là, de même que jaillissent les hurlements du couteau dans la chair.
- Ou bien ouvrir ce cercle, regarder face caméra le réel, élargir le champ des possibles, considérer qu'il serait exclu d'être pleinement heureux dans sa petite vie, dans sa petite case, dans son petit bonheur calfeutré, tant que de l'autre côté de la piste de danse, des cris d'effroi transpercent le silence.
Et, là, on ne peut que rarement aller danser. Ou alors ivre mort.
On ne danse pas sur des charniers.
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