Le Gabon s’apprête à brûler des milliers de défenses d’éléphant et de sculptures en ivoire.

Le Gabon s’apprête à brûler des milliers de défenses d’éléphant et de sculptures en ivoire.:



4800 tonnes d’ivoire parties en fumée

« Le Gabon applique une politique zéro tolérance pour les crimes envers les espèces sauvages et nous sommes en train de mettre en place des institutions et des lois pour s’assurer que cette politique soit bien appliquée »
a déclaré le Président Ali Bongo.


Le Gabon est le premier pays d’Afrique Centrale à détruire publiquement son ivoire, et la destruction de ses stocks par le feu est un signal fort qui démontre l'engagement de la nation dans la lutte contre le commerce illégal d'espèces sauvages.


Environ 4800 kg d’ivoire partiront en fumée le 27 juin, constitués de 1293 pièces d’ivoire brut et de 17730 pièces d’ivoire travaillé. Les quantités d’ivoire qui seront brûlées correspondent environ à 850 éléphants.


« Le WWF salue la décision du Gabon et considère l'initiative comme une preuve de son engagement à enrayer le braconnage et le commerce illégal de l'ivoire »
, s’est exprimée Stefanie Conrad, du programme régional d’Afrique Centrale du WWF.


« L’ivoire d'origine illégale ou de provenance inconnue ne peut être vendu légalement au niveau international. Le Gabon a agit louablement en décidant de mettre son ivoire hors état d’utilisation ».



2011, la pire année jamais vue

Le rapport de la CITES
(Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées) publié la semaine passée montre comment l'augmentation du braconnage, en particulier en Afrique centrale, a pulvérisé les chiffres records de 2010. Des dizaines de milliers d'éléphants sont tués chaque année pour leurs défenses.


Les données de TRAFFIC sur les saisies d’ivoire montrent des records en 2011.


« Si ils ne sont gérés correctement, les stocks d’ivoire du gouvernement pourraient très vite se retrouver dans le circuit du commerce illégal. 3 tonnes d’ivoire ont ainsi disparues de la chambre forte du gouvernement de Zambie la semaine dernière et 1,1 tonnes ont disparues du Mozambique en février dernier »
déclarait Tom Milliken, expert du marché de l’ivoire à TRAFFIC. « L’action déployée par le gouvernement gabonais écarte efficacement l’ivoire de toute tentation. »


« Il s'agit d'un problème international et le Gabon subit un état de siège des braconniers et du syndicat du crime qui font le commerce illégal de l'ivoire vers l’Asie. Il y a cependant une forte réaction de l’international pour stopper les crimes envers les espèces sauvages, et la contrebande d’ivoire en particulier »
a déclaré le Professeur Lee White, Secrétaire exécutif de l’agence nationale des parcs nationaux (Gabons’ National Parks Agency).


« Il est impératif de briser la chaîne du commerce illégal de l’ivoire »
a ajouté Suparma Biswa, Directeur du WWF Gabon. « Cette fois-ci la décision est venue des instances supérieures et doivent être un exemple pour les autres. De nombreux ministères d’Afrique Centrale exposent encore fièrement des pièces d’ivoire travaillées dans leurs bureaux. De nombreux gouvernements sont impliqués dans le trafic d’ivoire. Cela doit cesser ».


Un signe d'espoir : dix pays d’Afrique centrale ont récemment signé un accord
pour mieux combattre le commerce illégal et le braconnage dans la région. Le WWF espère que cela, et l’incinération de l'ivoire au Gabon, donnera un signal fort à tous les gouvernements africains quant à une meilleure protection de leur patrimoine naturel.


Crédit photographique © Brent Stirton / Getty Images / WWF-UK



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