COMMUNIQUE DE PRESSE - NARG – 06/07/2013

SOVIALIM transparente, jusqu’à quel point ?

Le NARG met la SOVIALIM au défi de montrer la réalité de l’abattage à vif et de prouver ses dires !
Suite aux différents articles et émissions, diffusés le 4 et 5 juillet 2013, concernant le projet d’abattoir rituel de Guéret, le NARG tient à répondre à l’invitation de M.Masri au dialogue.
Le PDG de la SOVIALIM, porteuse du projet d’abattoir rituel de Guéret, se dit prêt à évoquer la question de la souffrance animale et de l’aspect sanitaire avec le NARG. Après deux ans de lutte et de tapage, nous saluons cette ouverture inespérée au dialogue. Nous proposons un entretien, avec témoins, pour évoquer ces sujets.
D’après M.Masri, l’égorgement est « spectaculaire ». Nous demandons donc également à être invités à voir ce « spectacle ». Le souci de « transparence » de la SOVIALIM va-t-il aller jusqu’à l’ouverture des portes d’un abattoir ? Nous les mettons au défi ! Cessons de parler théorie, les citoyens et consommateurs veulent voir et juger par eux-mêmes. Nous demandons à être reçus au sein de l’abattoir de leur choix, accompagnés d’un caméraman et d’un vétérinaire, pour assister à l’abattage sans étourdissement d’un bovin. Si ce type d’abattage, comme l’affirme M.Masri, est si respectueux du bien-être animal et que cette préoccupation est au centre de leur cahier des charges, cela ne devrait pas poser de problème.
Car selon lui, l’abattage à vif « n’est pas plus douloureux ». Dans ce cas, comment cela se fait-il que les vétérinaires, à l’échelle européenne soient unanimes et déclarent : « que du point de vue de la protection animale et par respect pour l’animal en tant qu’être sensible, la pratique consistant à abattre les animaux sans étourdissement préalable est inacceptable quelles que soient les circonstances » (Fédération des Vétérinaires d’Europe, 2006).
Pourquoi des députés auraient-ils pris la peine, en 1964, de rendre obligatoire l’étourdissement préalable à l’abattage des animaux, au nom du principe des souffrances évitables, si l’abattage à vif est si clément et respectueux du bien-être animal ?
Nous avons en notre possession de nombreux rapports scientifiques prouvant la souffrance animale, aggravée dans le cas des bovins, par la section du nerf vague, l’un des principaux pour la douleur et par un système d’irrigation partielle du cerveau par l’artère vertébrale, qui n’est pas sectionnée lors d’un abattage rituel, puisque protégée par les vertèbres. Cela prouve une conscience possible après l’égorgement donc le ressenti de la douleur et de l’agonie, compliqué par un phénomène de « faux anévrismes » qui provoque des résurgences de conscience jusqu’à 5 minutes après l’égorgement et empêche souvent une bonne saignée.
M.Masri est-il vétérinaire ? Est-il qualifié pour évaluer la souffrance animale ? A-t-il des preuves scientifiques de ce qu’il avance ? Nous en doutons fortement… d’autant que son argument est faux : dans les deux types d’abattage, selon la définition médicale du « coma », ce dernier intervient bien dans les deux cas ; plus rapidement dans le cas de l’abattage classique et retardé dans le cas de l’abattage à vif.
La SOVIALIM dit vouloir « servir d’outil de proximité non confessionnel ». Cela revient donc à la situation de 56% des abattoirs français qui dérogent à l’obligation d’étourdissement, avec l’opacité et l’hypocrisie qui en découlent… Abattre sans étourdissement, au sein d’un abattoir « spécialisé dans la viande bovine halal », suppose un changement de chaine, d’employés et de nettoyer toute la surface d’abattage. Cela représente une perte de cadence, donc une perte de profit.
Où va-t-on retrouver la viande issue des animaux abattus à vif dans l’abattoir de Guéret et sans aucune mention ? M.Correia nous donne la réponse : dans l’assiette de vos enfants à la cantine ! Pour le citer : « opportunité de développer un circuit court, ce qui correspond à notre projet pour les restaurations collectives du Pays de Guéret. »
Le fait est officiel, au travers des propos de M.Masri : le projet ne peut être réalisé sans fond public, notamment par l’intermédiaire de la région. Le Député Maire de Guéret continue pourtant de clamer le contraire, serait-il atteint de surdité ou essaye-t-il de faire croire aux creusois que les fonds dépensés par la région ne sont pas des fonds publics… Décidément, M.Vergnier ne recule pas devant les mensonges et l’insensé et prend manifestement ses administrés pour des imbéciles.
Nous posons maintenant la question de savoir si les collectivités publiques sont prêtes à mettre 5 millions d’euros sur la table pour ce projet, pourquoi n’ont-ils pas été capables d’en mettre la moitié pour empêcher la fermeture de l’ancien établissement municipal ?
Nous allons très prochainement envoyer un document explicatif à tous les conseillers du conseil régional du Limousin, du conseil général de la Creuse et de la Communauté d’Agglomération du Grand Guéret, afin que chacun prenne une décision en « âme et conscience » et, surtout, en connaissance de cause, ce qui n’a pas été le cas lors du vote du paiement de l’étude de faisabilité, en 2010.
Une nouvelle étude serait réalisée ? Payée par qui ? Serait-ce une nouvelle fois la Communauté d’Agglo, qui refuse toujours de nous transmettre les documents demandés et pourtant promis, devant les médias, par M.Vergnier, le 3 juin dernier ? Une nouvelle décision du conseil communautaire se cacherait-elle dans les délibérations des réunions qui ont eu lieu en 2013, qui ne sont pas même disponibles en consultation au siège ?
Nous saisissons donc la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs) afin de récupérer ces documents.
On parle d’emploi, d’écologie, de circuit court… des mots magiques qui cachent l’horreur ! Le Député Maire de Guéret a bien su conseiller les porteurs du projet avec des stratégies de séductions toutes politiques.
Qu’importe l’argument avancé, cela ne change rien à la souffrance animale. La question n’est pas de savoir si cela est rentable mais si cela est éthique ? Si l’économie, comme l’affirme M.Vergnier, est prépondérante et absolument supérieure à des considérations d’ordre éthique et morale, quelle société sommes-nous en train de bâtir ? Demain, on pourra tuer son voisin en prétextant « c’est malheureux… mais c’est rentable »… Autant voir des nazis discuter des débouchés économiques d’une chambre à gaz ! A ceux qui seraient tenté de dire « mais ce ne sont que des animaux », sachez que le génocide commence à partir du moment où l’on se dit « ce ne sont que des animaux ».
Enfin, pour répondre une dernière fois à la croisade de M.Vergnier contre le racisme. Ca n’est pas parce que des personnes dont l’intelligence limitée ou l’absence de morale autorisent à instrumentaliser la souffrance, que cela veut dire qu’elle n’existe plus. Ce raisonnement spécieux et bien pratique est un syllogisme à toute épreuve auquel M.Vergnier ne doit plus croire lui-même.
Aurore Lenoir, coordinatrice du NARG

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