Justice pour le massacre de Pataud

Montbéliard. Pourquoi ? Cette question taraudera longtemps Monique, une Montbéliardaise de 56 ans. Pourquoi le fils d’un de ses voisins a-t-il massacré son caniche ? « Je ne l’avais jamais vu. Il habiterait à Besançon », rapporte la quinquagénaire, les yeux hagards, encore sous le choc. Une plainte pour acte de cruauté envers un animal a été déposée. « Je veux que ça se sache. J’ai lancé une pétition sur Facebook. J’ai reçu de nombreux soutiens dont la SPA », affirme Aurélie, sa fille, frêle blonde de 25 ans au caractère bien trempé.
Le chien projeté contre la vitre de la porte d’entrée

Mercredi est un jour comme un autre. Le soleil rayonne sur les jardins communaux de la Citadelle où Monique a l’habitude de promener ses chiens : Pataud, un caniche, robe sable de 13 ans et Eliot, un yorkshire de 4 ans. La dame, qui vit du RSA adore ses compagnons à quatre pattes, en témoignent des dizaines de photos des toutous (en train de jouer, de dormir, de faire des câlins) : « Il était 18 h 30. Je rentrais chez moi, je sortais des jardins quand j’ai vu un motard enfourcher sa moto, garée sur le parking que je devais traverser », décrit la Montbéliardaise en larmes. Le motard démarre et met la poignée en coin. Apeuré, le caniche bondit et se jette sur le pilote (mais ne l’aurait pas mordu) : « Il a forcé sur sa laisse. Je n’ai pas réussi à le retenir. À ce moment-là, le motard lui a flanqué un coup de pied sur le museau ». Le petit chien file, en geignant, vers son entrée d’immeuble : « On n’était qu’à une centaine de mètres. Je n’ai pas compris ce qui se passait. J’ai commencé à monter les escaliers. Le motard s’est garé devant l’entrée voisine, il s’est approché et a donné plusieurs coups de pied à mon chien. Il essayait de me frapper. Il me hurlait “Ferme ta gueule, rentre chez toi !” Je ne peux même pas vous dire quel âge il avait et s’il portait un casque », murmure Monique.

D’un coup de pied violent, l’excité envoie Pataud contre la vitre d’entrée qui se brise sous le choc. « Et il a continué à le cogner ». L’habitante, paniquée, s’enferme chez elle, appelle sa fille : « Je lui ai dit Essaie de récupérer Pataud », relate Aurélie. À son arrivée, la jeune femme découvre la vitre cassée, sa mère affolée.
Enquête ouverte

« Notre petit chien a réussi à trotter, à longer les jardins. Je l’ai découvert un peu plus loin, en sang. Quelques minutes plus tard, il mourrait », se souvient-elle, très émue. Le motard, lui, a pris la poudre d’escampette.

La police, prévenue, procède aux constatations d’usage. Monique et sa fille amènent le cadavre de Pataud chez un vétérinaire. Conclusion de l’autopsie : « Il ne fait aucun doute que la mort a été provoquée par un traumatisme du foie (N.D.L.R : qui a éclaté) suivi d’une hémorragie massive ». Le petit chien est incinéré : nous garderons ses cendres comme on le fait avec tous nos animaux », pleure Monique.

Depuis deux jours, la vie a changé. La propriétaire de Pataud ne dort plus des nuits, son fils ne mange plu s, Aurélie, révoltée, tente de tenir le choc et Eliot le yorkshire est encore plus peureux qu’avant : « Il tremble, il est toujours dans mes pieds. Je suis tellement en colère, triste. Nous avions Pataud depuis qu’il est né. Cet homme a massacré notre chien, il s’est acharné ». Les deux femmes, dans une tristesse infinie, espèrent que l’agresseur sera jugé : « Il pouvait être sous l’effet de la drogue ou de l’alcool. Je ne sais pas. Mais il est dangereux », affirme Monique qui craint des représailles. « Je suis en train de faire déménager ma mère. Je ne veux pas qu’elle reste là », tranche Aurélie.

La pétition, forte de 700signatures, s’intitule « Que justice soit faite pour Pataud » 

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