Comment définir le nouveau statut de l'animal ?


Nous vivons avec une législation incohérente et schizophrénique. D'un côté, l'article 512-1 du Code pénal punit " le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité " d'une peine pouvant aller jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende. On a donc l'impression qu'implicitement, l'animal est ici titulaire d'un droit : celui de ne pas être violé ni agressé physiquement.

Cependant, ce droit n'est pas reconnu par le Code civil, qui date de 1804, donc d'une époque où la France était un pays agricole, et qui nous explique que l'animal est un " bien meuble ", au même titre qu'une chaise ou une table. Le code civil reconnaît deux catégories : les biens et les personnes. Seules ces dernières sont titulaires de droit.

Création d'un statut intermédiaire entre les biens et les personnes  – qui pourrait être par exemple celui de " sujet de droit ".

Comment définir ce nouveau statut ? 

Il y a trois grandes approches possibles :

1- L'approche déontologique.

Nous devons étendre notre respect à tous les animaux qui sont " sujets-d'une-vie ", être sensibles.

(Le plus célèbre représentant de cette approche est Tom Regan, auteur deLes Droits des animaux, qui date de 1983, mais vient seulement d'être traduit en France par les éditions Hermann)



2-L'approche conséquentialiste.

L'idée est de ne pas nuire aux autres, et de faire ce qui est le mieux pour le bien-être collectif, en intégrant à cette notion de " collectif " les humains mais aussi tous les animaux sensibles

Ce qui doit nous guider, c'est le projet de créer le meilleur monde possible pour tous les vivants sensibles.

(Le partisan le plus célèbre de cette approche est Peter Singer, auteur de La Libération animale, 1983).


3- L'approche par la compassion.

L'approche de ceux qui aiment les animaux. C'est une approche défendue par la philosophe française Elisabeth de Fontenay, qui critique la froideur rationnelle des arguments des déontologues et des conséquentialistes, et qui propose de s'en remettre à la " sagesse de l'amour " ou encore à des " fragments de pensée non démonstrative ".

Donc, pour résumer, il y aurait trois question d'accorder un statut juridique aux animaux : parce que c'est "un sujet" donc qui sent ; parce que les hommes en sont responsables et doivent prendre leurs décisions en fonction de l'intérêt collectif ; parce que nous les aimons.

La position la plus consistante juridiquement est évidemment la première, malgré sa froideur



Commentaires