Animal Machine, fiction sonore immersive


Interprété par la comédienne Maïe Degove Texte écrit par Suzie B. Trajkov
Réalisation sonore et musicale par Emma Seegoolam

Animal Machine est diffusé en stéreo.

Animal Machine est une fiction audio immersive. Au centre d'une pièce équipée de quatre haut-parleurs, les auditeurs sont plongés dans le noir ; prêts à faire un voyage sonore sur le thème de l'élevage industriel. Sur un fond sonore qui conjugue – en une fusion morbide et contre nature – la pureté des sons organiques avec l'enfer mécanique de l'industrie ; ils sont invités à suivre la voix : celle d'Hybride. Pas vraiment animale, ni tout à fait humaine, cette entité se fait peu à peu le témoin conscient de l'exploitation et de la mise en machine de la biosphère pour le seul confort de l'espèce humaine.
Hybride évolue dans un monde onirique mais cauchemardesque, qui déforme ses perceptions et se superpose au réel. Des images extrasensorielles ; décousues et abstraites se forment dans son esprit. Elle voit et entend la souffrance de ceux qui ne parlent pas le langage humain et dont les cris et la douleur ne pénètrent que rarement le périmètre glacé de nos émotions.
En dehors de l'espace et du temps, elle croise le destin de ces animaux aux corps forgés pour la consommation, contrefaits par la génétique, qui s'entassent malgré eux dans les fosses sombres et mal odorante où l'élevage intensif les contraints à évoluer en attendant l'abattoir.
De ces épisodes hallucinatoires, l'auditeur ne perçoit que des fragments de sonorités enchevêtrées et des bribes de phrases nébuleuses arrachés à la logique du rêve, mais qui par moment retombent étrangement près de la réalité, jusqu'à en révéler – par contraste – l'absurdité.
Il s'agit d'une réalisation sonore d'une durée de 25 minutes qui se situe au carrefour de la littérature et du son. Proche des créations radiophoniques, elle se singularise néanmoins par une installation sonore qui repose sur un son spatialisé en quadriphonie, propice à faire vivre une expérience immersive dans des conditions optimales.
Envisagé à la manière d'un cinématographe auditif, Animal Machine, est constitué d'une succession de tableaux sonores, aux atmosphères et aux tons variés, dont l'enchainement vise à stimuler l'imagination des auditeurs.
Sons employés :

Prise de son d'animaux, fieldrecording, bruitages, traitements électroacoustiques et compositions instrumentales pour construire l'atmosphère recherchée par les mots du texte qu'ils complètent et soutiennent ; créant ainsi une interdépendance entre ce qui est « écrit » et ce qui est « entendu ».
Le texte, interprété par une comédienne est volontairement déstructuré et désorganisé. Écrit dans un style abstrait qui le rapproche de la poésie Beatnik, il s'inspire, pour ses aspects techniques, des précurseurs de la Beat Generation. Tout comme dans les écrits de William Burroughs, ici c'est moins la compréhension du sens exacte des mots qui importe, que le ressenti quasi « physiques » que ces derniers parviennent à produire sur les auditeurs.
Si Animal Machine raconte bien une histoire, elle n'est pas de celles qui sont délivrées par les moyens de la narration concrète. Plutôt que de délivrer un point de vue clair sur l'exploitation animale, elle prend tous les détours possibles. Loin de vouloir imposer une morale, le récit cherche au contraire à plonger l'auditeur dans une immersion totale et faire naitre en lui des sensations.

sur


A 22h Lundi - Mercredi - Samedi - Dimanche

jusqu'au 6 mai

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