Dans le cadre de la Journée mondiale pour sauver les ours, RADIO PAROLE D'ANIMAUX propose à un groupe d'enfants d'apprendre à réaliser une interview radio !

Lors de cet atelier, les enfants écriront les questions qu'ils souhaitent poser aux associations, puis iront à la rencontre des responsables associatifs afin d'enregistrer leurs réponses.

Les interviews seront ensuite diffusées à la radio !

Place très limitées ! Merci de ne réserver que si vous pourrez réellement participer !


Le vieil homme et la vache



L’homme essaye de pousser l’animal dans le fourgon. Les pattes de l’animal sont déjà à l’intérieur mais il semblerait qu’une force mystérieuse l’incite à faire marche arrière. Une autre vache est déjà installée. J’observe la scène d’un peu loin.
 Je me suis arrêté sur le chemin qui mène à la forêt et mon regard englobe l’ensemble de la ferme du paysan, avec ce petit fourgon attelé à son tracteur destiné à tracter la « marchandise »... Il n’y a pas de doute, ces deux pauvres bovins vont bien aller à l’abattoir. Personne ne me l’a dit, c’est mon impression de l’instant. Et cette vache doit le savoir aussi, vu son refus à rentrer. Quant à l’autre, elle semble maintenant résignée à son triste sort !
Il fait froid et la neige tombée la veille, recouvre en partie l’herbe verte des vallées de la Suisse romande où je suis venu garder jusqu’à Noël, les chiens d’une amie hélas hospitalisée.
Mes deux compagnons sont à l’arrêt et observent la scène en silence. Les oreilles bien droites. Flairent-ils aussi ce dont il s’agit ?
Le fermier prend un bâton et commence à taper sur les cuisses arrières de l’animal qui ne bouge toujours pas. Alors, il tape aussi sur les pattes afin de le faire avancer. La vache remonte la patte arrière gauche, puis la droite à mesure des coups, ainsi de suite...Cette cadence ne relève rien d’une danse forcée, mais d’une marche plutôt sacrificielle. Après quelques volées de bâton, voilà l’animal dans le fourgon.            Le fermier relève alors la tête, une grosse bouffée de fumée sort de sa pipe. L’homme est âgé et reprend son souffle visiblement soulagé de voir la bête enfin chargée.
Le chauffeur du tracteur allume alors le contact et voilà le convoi qui s’avance lentement, dans le cliquetis de la remorque, sur le chemin attenant à la ferme.
Dans l’enclos, le troupeau de bovins voit alors leurs deux comparses partir pour leur dernier voyage sans un cri. Sans une larme. Il fait froid, même très froid !
Le tracteur est parti. Il est loin maintenant. Le bruit du moteur peu à peu disparaît…
Le vieil homme lui est toujours là, ancré au même endroit où il donnait des tapes sur sa vache.
Moi non plus je n’ai pas bougé. Combien de temps s’est-il passé ?
Un quart d’ heure, une heure, une éternité, je ne sais ?
Le vieil homme est loin mais je peux voir distinctement son visage caché à moitié par son bonnet. Il n’a pas l’air mauvais. Une certaine bonhomie se dégage même de lui.
Son corps n’a pas bougé mais son regard a suivi le convoi s’éloigner. Il regarde sans s’apercevoir de ce qu’il s’est vraiment passé.
Regrette-il son acte, que se passe-t-il vraiment dans son esprit, comment l’interpréter?
Loin de moi de juger, je ne sais...
Il est toujours là comme pétrifié par cette scène, insensible au froid.
Peut-être aurait-il aimé qu’il en soit autrement ?
Peut-être aimerait il garder toutes ses vaches ?
Mais il faut vivre et faire fonctionner la ferme.
Peut-être aurait-il souhaité une autre solution ?
Mais il ne sait pas. Personne ne lui a jamais rien dit !
Et s’ il y avait une autre solution !

Et si cette solution se trouvait là ?

Peut-être en regardant cette vidéo ...




Michel Cros

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