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Abolir la chasse, pas la réformer

Mis à jour : 15 déc. 2020

Après un nouvel accident qui a coûté la vie à Morgan Keane, un jeune homme de 25 ans, le parti Révolution écologique pour le vivant appelle à l’interdiction pure et simple de la chasse en France.


ribune. Morgan Keane avait 25 ans. Il habitait dans le petit village de Calvignac, dans le Lot, dans une maison héritée de ses parents aujourd’hui décédés, qui s’étaient installés là quarante ans plus tôt. Morgan, très apprécié par les habitants, vivait chichement de petits boulots. Il avait un jeune frère qui est désormais seul. Le 2 décembre dernier, un peu avant 17 heures, Morgan coupait du bois à une centaine de mètres de chez lui, pour chauffer sa maison, lorsqu’il a été abattu d’un coup de fusil.

Non pas un assassinat, mais un «homicide involontaire» dont l’auteur est un chasseur de 33 ans qui participait à une battue aux sangliers. La faute à «pas de chance» ? Pas tout à fait. L’enquête devra d’abord déterminer si les consignes de sécurité ont été respectées. Si elles ne l’ont pas été, cela signifie que l’on ne peut pas faire confiance à tous les chasseurs. Si elles l’ont été, cela signifie que les lois sur la chasse sont incapables de protéger les citoyens.


Ensuite, il serait mensonger de prétendre que la mort de Morgan est une triste exception. Le 1er décembre, quatre chasseurs ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, pour l’homicide d’un homme de 34 ans, Mark Sutton, fauché pendant qu’il se promenait en VTT. L’auteur du tir a écopé de quatre ans de prison, dont un ferme, et les trois autres chasseurs ont aussi été sanctionnés pour avoir tenté de maquiller la vérité.

Morgan et Mark sont morts. Mais combien de riverains ou de promeneurs échappent de peu au même sort, lorsqu’une balle leur passe juste à côté, tandis qu’ils sont dans leur jardin ou en train de prendre l’air sur un chemin ? Il y a quelques jours encore, une balle a traversé la vitre du salon d’un habitant d’une résidence pour personnes âgées à Mayenne, en Pays de la Loire. Encore une battue au sanglier et une inadvertance.

Pour la saison de chasse 2019-2020, l’Office français de la biodiversité (OFB) a enregistré 141 accidents, dont 11 mortels. Sur ce total, 10% des victimes n’étaient pas des chasseurs. Et chaque année, les statistiques sont peu ou prou les mêmes. Curieusement, ces victimes «collatérales» de la chasse sont complètement ignorées des élus de tous bords. Pourtant Morgan Keane et Mark Sutton ont été tués par balles, alors qu’ils menaient leurs activités tranquillement, sans déranger personne. Dans d’autres circonstances, la mort de ces innocents aurait provoqué une vague d’émotion et, probablement, les hommages de la classe politique. Mais quand la mort est causée par un chasseur dans le cadre d’un «loisir» autorisé par la loi, on fait bien peu cas de la victime… D’ailleurs quel autre loisir bénéficie de ce traitement de faveur qui lui autorise un quota de victimes non-pratiquantes de l’activité ?


Une indifférence coupable


L’indifférence publique aux victimes humaines de la chasse est une indifférence coupable. Et l’on ne peut que regretter qu’aucun membre de ce gouvernement si prompt à caresser les chasseurs dans le sens du poil n’exprime son émotion et n’agisse pour que cela ne se reproduise plus. D’autant que ces accidents à répétition entraînent un sentiment d’insécurité qui ne fait que grandir, particulièrement en zone rurale. En 2017, un sondage Ifop (1) révélait que 71% des Français se sentent en insécurité lorsqu’ils se promènent dans la nature en période de chasse. Un chiffre en constante augmentation : ils étaient 61% en 2016 et 54% en 2009.

Après la mort de Morgan, certains écologistes ont tout de même protesté. Ils ont demandé le respect des règles qui entourent la chasse et l’amélioration de certaines d’entre elles. Cette prise de position vaut mieux que rien. Mais elle est bien trop timide.


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